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La plupart des personnes ont déjà entendu des termes comme dyslexie, dysorthographie, dysphasie ou trouble déficitaire de l'attention, mais qu'en est-il vraiment de notre compréhension face aux divers troubles d'apprentissage ? Tout d'abord, il est important de savoir qu'ils ne sont pas en lien avec un déficit de l'intelligence. La difficulté se situe plutôt au niveau de l'acquisition et du traitement de l'information. Ils existent plusieurs signes précurseurs qui permettent de percevoir un éventuel trouble de l'apprentissage, mais ils ne sont pas nécessairement perceptibles avant que l'enfant soit en âge scolaire et qu'il ait des tâches complexes à accomplir. Si un enfant tarde à parler, qu'il a de la difficulté à prononcer des mots courants, qu'il a de la difficulté à suivre des instructions ou bien qu'il est facilement confus lorsqu'il doit effectuer des tâches simples comme lacer ses souliers, ce ne sont pas nécessairement des signes qui mènent à l'un de ces troubles, mais il ne faut quand même pas les négliger. Cependant, certains signes sont plus distinctifs que d'autres. Parmi ceux-ci, il peut y avoir la présence de pleurs excessifs, une angoisse démesurée face à des changements de routine, de la difficulté à apprendre à sautiller ou à faire bondir un ballon, une tendance à l'abattement ou à l'agitation entre les activités et certains autres signes. De plus, un trouble d'apprentissage peut survenir à l'une ou l'autre des quatre phases de l'apprentissage, que se soit au moment de la réception, de l'intégration, de la mémorisation ou de la production.

Ensuite, il existe une différence notable entre les difficultés et les troubles d'apprentissage. En ce qui concerne les difficultés d'apprentissage, elles sont temporaires. Elles sont dues, la plupart du temps, à des facteurs hors du contrôle de l'enfant comme la séparation des parents, un changement d'école ou une nouvelle méthode d'enseignement entre autres. On peut les reconnaître grâce à :

  • des problèmes de concentration;
  • des difficultés en lecture, en écriture, en mathématiques;
  • des problèmes de comportements.

De leur côté, les troubles d'apprentissages ne sont pas temporaires mais, comme il a été dit précédemment, ils ne sont en aucun lien avec l'intelligence. Bien entendu, ils ont une influence sur le comportement et l'apprentissage de l'enfant et on les reconnaît par des échecs scolaires répétés. Ils peuvent affecter :

  • l'attention, la mémoire, le raisonnement;
  • la coordination, la communication, l'habileté à lire et à écrire;
  • la conceptualisation, la sociabilité et la maturité affective.

Les troubles d'apprentissages touchent entre 10% à 15% de la population, ce qui signifie qu'environ 700 000 québécois en sont atteints. Souvent, plusieurs enfants de la même famille en souffrent et les scientifiques tentent de trouver une corrélation génétique à ce problème. Par contre, les troubles d'apprentissage ne sont aucunement en lien avec une mauvaise éducation, un manque de présence des parents à la maison, au fait de ne pas lire ou de ne pas parler suffisamment à l'enfant ou à des problèmes de développement.

Les troubles spécifiques d'apprentissage

La dyslexie

D'une façon globale, la dyslexie est un trouble du langage écrit qui inclut non seulement la lecture, mais aussi l'écriture et l'orthographe. Le terme a utilisé à ce moment là est donc dyslexie-dysorthographie. Plus spécifiquement, la dyslexie est un trouble de lecture et d'écriture, alors que la dysorthographie est un trouble de l'écriture seulement. Donc, un enfant qui est dyslexique est automatiquement dysorthographique, mais le contraire n'est pas nécessairement vrai. Ces difficultés sont durables même si l'enfant a :

  • évolué dans un environnement affectif social et culturel normal;
  • été normalement scolarisé;
  • un niveau intellectuel normal, mais dont les performances en langage écrit sont nettement inférieures aux capacités manifestées dans d'autres domaines;
  • une absence de troubles sensoriels ou perceptifs;
  • une absence de troubles psychologiques primaires.

Le plus fréquemment, les anomalies sont perceptibles au niveau du décodage, de la compréhension ou des deux. Les confusions les plus courantes au niveau du décodage sont les suivantes :

  • des confusions auditives ou phonétiques (a/an, s/ch, u/ou);
  • des inversions (or/ro, cri-cir);
  • des omissions (bar/ba, arbre/arbe);
  • des adjonctions (paquet/parquet, odeur/ordeur);
  • des substitutions (chauffeur/faucheur);
  • de la contamination (dorure/rorure, palier/papier);
  • une lecture du texte lente, hésitante, saccadée, avec un débit syllabique;
  • une difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes, une ignorance de la ponctuation.

Tout ceci explique pourquoi un dyslexique n'aime pas lire, car il ne saisit le texte que partiellement ou pas du tout. Le message n'est donc pas clair pour lui, car ce dernier lui échappe.

Pour ce qui est de la dysorthographie, les anomalies les plus fréquentes se manifestent par :

  • des fautes d'orthographe et des difficultés à l'écrit semblables à celles du dyslexique;
  • d'autres anomalies particulières à la mise en écrit (encodage)
  • des erreurs de copie de mots;
  • des économies de syllabes (semblable/semble);
  • des découpages arbitraires (l-égume, il sé-lance);
  • des omissions (bébé/bb, liberté/librt);
  • des mots soudés (l'image/limage, son nid/soni);
  • des fautes de conjugaison, de grammaire, d'analyse;
  • une lenteur d'exécution, des hésitations et une pauvreté des productions.

Selon l'Organisation mondial de la santé (OMS), la dyslexie-dysorthographie touche entre 8% et 10% des enfants qui sont dans des classes régulières et il affecte « 3 à 4 fois plus de garçon que de filles » (DESTREMPES-MARQUEZ ET LAFLEUR, 1999).

Malheureusement, comme il a déjà été évoqué plus haut, la dyslexie cause beaucoup d'échecs scolaires et plus tard, des échecs dans la vie professionnelle et sociale. Il est donc d'autant plus important de poser un bon diagnostic et de trouver les meilleures solutions possibles afin de pallier aux lacunes des enfants aux prises avec ce trouble d'apprentissage.

Afin de mieux comprendre les difficultés de lecture et d'écriture d'un enfant dyslexique, voici la façon dont leur cerveau traite la lecture d'un texte :

Il ar rivefré quemment qu'une per sonnay antla dy slexieait des habile tés etdes donsspé ciauxass ociés à de saptitud esvi suo-spa tialess u pé rieu res. (Guide pégagogique relatif à un étudiant ayant un trouble d'apprentissage, Université Laval).

Il est donc beaucoup plus facile de comprendre pourquoi leur analyse et leur compréhension sont limitées, car les mots, étant mal séparés par leur cerveau, ne forment pas un ensemble cohérent permettant de comprendre le sens d'un texte.


La dysphasie

La dysphasie fait partie de la catégorie des troubles du langage. Tous les chercheurs s'entendent sur le fait que la dysphasie est d'origine neurologique. La nature des dysfonctions n'est pas encore connue, mais elles proviennent souvent d'un problème génétique. Bien entendu, ce trouble du langage oral a des répercussions sur le langage écrit. Heureusement, il existe plusieurs interventions possibles susceptibles de favoriser la communication :

  • choisir un thème suscitant l'intérêt de l'enfant;
  • ne pas hésiter à répéter plusieurs fois;
  • utiliser un support visuel afin de faciliter la communication;
  • etc.


Le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)

Le trouble déficitaire de l'attention fait référence « à des difficultés prononcées d'inattention et de désorganisation alors que le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité fait référence à des difficultés prononcées d'impulsivité et d'hyperactivité. » (DESTREMPES-MARQUEZ ET LAFLEUR, 1999).

Les enfants qui ont un TDA ne maintiennent pas leur attention ni leur concentration de façon soutenue. Pour eux, une tâche est difficile à accomplir jusqu'au bout, à moins qu'elle suscite leur intérêt d'une façon particulière. Ils sont faciles à distraire et ils accomplissent souvent les choses trop rapidement sans y réfléchir auparavant. Ils donnent donc l'impression de mal se comporter et d'être désorganisés.

De leur côté, les enfants qui ont un TDAH bougent sans cesse. Ils sont souvent inaptes à se comporter de façon mature en société et leur humeur change constamment. De plus, puisqu'ils semblent toujours à la recherche de quelque chose, il est difficile de les satisfaire.

Le TDA/H peut être contrôlé, mais pas guéri. Ce trouble est le plus fréquemment diagnostiqué chez les enfants nord-américains et il touche autant les filles que les garçons. Ce trouble cause un retard dans « l'intégration du langage oral, de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. » (DESTREMPES-MARQUEZ ET LAFLEUR, 1999).


Vivre avec un trouble d'apprentissage

Cependant, même si on est atteint de l'un ou l'autre de ces troubles d'apprentissage, il est possible de bien vivre et de réaliser nos rêves. Il suffit de mettre les efforts nécessaires et de travailler fort. D'ailleurs, plusieurs personnalités connues présentent des troubles d'apprentissage. En voici quelques uns :

  • Janette Bertrand, communicatrice québécoise;
  • Cher, chanteuse et actrice;
  • Tom Cruise, acteur;
  • Albert Einstein, scientifique
  • John F. Kennedy, président des États-Unis;
  • Auguste Rodin, sculpteur.


L'orthopédagogie

Plusieurs professionnels du milieu scolaire sont spécialement formés afin de venir en aide aux enfants présentant l'un ou l'autre de ces troubles d'apprentissage. L'orthopédagogue est l'un de ces spécialistes et voici en quoi consiste son travail :

Tout d'abord, un orthopédagogue[1] agit sur plusieurs plans de l'apprentissage de l'enfant. Il l'aide à améliorer ses capacités tant au niveau cognitif, qu'affectif et social. Il le soutient aussi afin qu'il développe une bonne autonomie, une bonne motivation et un meilleur sens des responsabilités. Il doit aussi adapter ses méthodes d'enseignement aux diverses aptitudes de l'enfant. C'est donc dire que chaque cas est unique et qu'il est impossible de traiter un enfant dysphasique de la même façon qu'un enfant dyslexique. Le plus difficile pour un enfant présentant un trouble d'apprentissage est d'appliquer les stratégies apprises tout au long de son cheminement et surtout, de s'en souvenir. L'orthopédagogue aide aussi à ce niveau en lui inculquant des stratégies qu'il parviendra à conserver mentalement afin de les rappliquer plus tard. Il ne faut pas oublier qu'un orthopédagogue ne travaille pas seul. Il aide autant les parents que les membres du corps enseignant. Il est aussi responsable de plusieurs tâches connexes dont :

  • Aider l'enfant à se motiver ou à retrouver sa motivation;
  • L'aider à prendre en charge son métier d'élève;
  • L'aider à prendre conscience de son fonctionnement, de ses ressources et de ses difficultés d'apprentissage (compétences relatives à la prise de conscience de son fonctionnement);
  • Établir, avec lui, un climat relationnel de complicité et de collaboration;
  • Aider les parents à favoriser l'autonomie scolaire de leur enfant;
  • Appliquer des stratégies orthodidactiques appropriées.

Il existe aussi plusieurs méthodes rééducatives à adopter, car la rééducation est possible pour les enfants atteints d'un trouble d'apprentissage, mais pour qu'elle soit efficace, il faut qu'elle commence dès les premières étapes du cheminement scolaire de l'enfant. Il y a donc :

  • L'approche relationnelle : développer, restaurer les compétences relationnelles;
  • L'approche cognitive : développer, restaurer les compétences cognitives;
  • Approche instrumentale : développer, restaurer, les fonctions instrumentales.

De plus, ces trois approches se recoupent. Elles peuvent donc être incluses les unes dans les autres.

En résumé, il existe plusieurs troubles d'apprentissage, mais il est possible de trouver des solutions afin que l'apprentissage en milieu scolaire soit facilité. De plus, divers organismes existent tels; le milieu scolaire, plus précisément le ministère et l'éducation, le milieu de la santé (CLSC) et les organismes communautaires de la région ou de la ville afin d'aider les parents, les éducateurs, les enseignants et, bien entendu, les enfants eux-mêmes.



Bibliographie

LAFLEUR, Louise; DESTREMPES-MARQUEZ, Denise. Les troubles d'apprentissage : comprendre et intervenir, coll. « parents », Québec, 1999, 123p.

Document PDF, (en ligne). (http://www.segec.be/Documents/Fedefoc/pedagogique/orthopedagogie.pdf)

CHAPUT, Anie. Document concernant la dyslexie (remis lors d'un atelier de formation sur les troubles d'apprentissage), Québec, 2007, 13p.

[1] Le masculin est utilisé dans le seul but d'alléger le texte.

Cet article a été réalisé par Stéphanie Rivard, intervenante chez Partenaire Scolaire


 

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